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		<title>Le traumatisme racial : vers une prise en charge psycho-corporelle en France </title>
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		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 13:30:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;article au format PDF Le traumatisme racial : vers une prise en charge psycho-corporelle en France  Résumé  Le racisme n’est pas seulement un délit au niveau légal ou un sujet politique tabou. Il peut également être considéré comme un stress chronique, avec des conséquences délétères sur la santé mentale et corporelle des personnes qui le [&#8230;]</p>
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									<div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;"><strong>Résumé </strong></span></p><p>Le racisme n’est pas seulement un délit au niveau légal ou un sujet politique tabou. Il peut également être considéré comme un <span style="font-family: brother-bold;">stress chronique</span>, avec des conséquences délétères sur la santé mentale et corporelle des personnes qui le vivent. Les travaux de Carter &amp; al. (2020), mettent en évidence le <span style="font-family: brother-bold;">race-based traumatic stress</span>. Ce concept permet de compléter la symptomatologie et les origines du Trouble de Stress Post-Traumatique du DSM-5, qui ne prennent pas en compte le racisme. Dans une perspective plus corporelle, Menakem (2017), a mis en lumière le fait que le racisme active le <span style="font-family: brother-bold;">système nerveux autonome, pouvant générer de l’hypervigilance, des troubles du sommeil, ou des douleurs somatiques</span>. </p></div><div><p>Les recherches françaises restent encore limitées sur l’impact psycho-somatique du racisme, même si des travaux émergent (d’Almeida, 2022). Pourtant, <span style="font-family: brother-bold;">91% des personnes noires ou métisses en France déclarent avoir été confrontées au racisme</span> (enquête Ipsos, 2023). L’absence d’outils validés et de protocoles cliniques spécifiques ne permet pas l’évaluation de ces problématiques, et mystifie leur prise en charge. En effet, de nombreuses personnes déplorent l’absence de reconnaissance de leur vécu de racisme, ce qui a pour résultat de décourager leur démarche thérapeutique.</p></div><div><p>Cette réflexion théorico-clinique a pour conclusion la nécessité du développement d’un champ de recherche français sur le traumatisme racial. L’objectif est de proposer une prise en charge intégrative et adaptée aux besoins spécifiques des personnes confrontées au racisme en France.</p><div><div><div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">Introduction</span></p></div><div><p>En France, 91% des personnes noires ou métisses déclarent avoir été confrontées au racisme (enquête Ipsos, 2023). Un vécu commun à toute une partie de la population française, et pourtant presque absent de nos manuels, enseignements et recherches en psychologie. Une devise française pourtant prometteuse ‘liberté, égalité, fraternité’, qui semble servir de masque aux réalités politiques et sociales de son peuple. Ainsi, comment un pays peut-il prôner la liberté tout en interdisant le port du foulard à ses sportives durant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ? </p></div><div><p>Cette introduction peut sembler trop revendicative pour une réflexion théorico-clinique. Néanmoins, elle s’ancre dans un regard psychosocial des violences systémiques, en place depuis 4 siècles, dès le début du commerce triangulaire et de l’esclavage. En effet, l<span style="font-family: brother-bold;">’espace thérapeutique n’est pas exempte des dynamiques discriminatoires, il n’en est qu’une scène de plus</span>. Ceci explique que les personnes racisées peuvent appréhender ou éviter les parcours thérapeutiques avec des thérapeutes non racisé.e.s. (d’Almeida, 2022). </p></div><div><p>Pourtant, selon l’article 2 du Code de déontologie des Psychologues, l’activité d’un.e psychologue “porte sur les composantes psychologiques des individus considérés isolément ou collectivement et situés dans leur contexte”. Or, la contextualisation des conceptualisations de cas manque cruellement à nos pratiques. En ce sens, <span style="font-family: brother-bold;">l’Association Américaine de Psychologie (APA), a présenté ses excuses en octobre 2021</span>: “APA a failli à son rôle de chef de file dans le domaine de la psychologie, s&rsquo;est rendu complice de l&rsquo;inégalité systémique et a causé du tort à de nombreuses personnes par le racisme, la discrimination raciale et le dénigrement des communautés de couleur, manquant ainsi à sa mission qui consiste à servir la société et à améliorer la vie des gens”. L’APA s’est engagée dans cette continuité à “développer une science psychologique qui contribue à démanteler le racisme systémique et structurel qui a exclu de manière disproportionnée les perspectives, les chercheurs et les échantillons de personnes de couleur de la recherche psychologique”. </p></div><div><p>Malgré le manque de soutien institutionnel, quelques travaux émergent en France, même s’ils sont encore rares. Bien plus rare que les expériences racistes vécues par 91% de la population racisée de notre pays. La question suivante pourrait se poser:  “Qu’attendons-nous pour intégrer la prise en charge du traumatisme racial dans nos pratiques ?”. Mais le temps des interrogations est révolu. <span style="font-family: brother-bold;">Alors voici pourquoi il est urgent de proposer une prise en charge psycho-corporelle du traumatisme racial en France. </span></p></div></div><p><span style="font-family: brother-bold; color: #6dbd8e;">Réflexions et revue de littérature </span></p></div><div><p><span style="color: #6dbd8e; font-family: brother-italic;">La notion de race </span></p></div><div><p>Le 12 juillet 2018, le terme “race” a été supprimé du premier article de la Constitution Française. Quand les un.e.s applaudissent, d&rsquo;autres mettent en gardent contre l’invisibilisation que cette décision pourrait créer. Nous rappelons ici très clairement que le sens biologique du terme “race” n&rsquo;a aucun sens ou fondement. En revanche, <span style="font-family: brother-bold;">le vécu du racisme est lui causé par une notion de race en tant que construit social</span>. Comment parler de racisme sans parler de race ? <span style="font-family: brother-bold;">Comment régler un problème que l’on ne peut pas nommer ?</span>  La France est souvent accusée de “colorblindness”, de ne pas voir les couleurs, et par ce fait, d’invisibiliser les discriminations basées sur l&rsquo;origine perçue. “La République française ne reconnaît pas officiellement les minorités et ne les compte pas non plus” (Ndiaye, 2008 dans d’Almeida, 2022).</p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">Le racisme et ses conséquences sur la santé </span></p></div><div><p><span style="font-family: brother-bold;">Le racisme peut être défini comme un système idéologique et institutionnel, produisant et légitimant des hiérarchies entre les groupes</span> (Tajfel, 1981 ; Dovidio &amp; Gaertner, 2004). Il s’exprime à travers des attitudes, des stéréotypes, des comportements discriminatoires, mais aussi des structures sociales qui maintiennent ces inégalités. Le racisme crée un pont entre “une culture (d&rsquo;une nation, d&rsquo;une identité nationale)” et “une identité naturelle (physique)” (Wieviorka, 2020). </p></div><div><p>Les conséquences du racisme sur la santé mentale ont été largement étudiées aux États-Unis: </p></div><ul><li><p><span style="font-family: brother-bold;">symptômes dépressifs</span>, baisse de l’<span style="font-family: brother-bold;">estime de soi</span>, hausse des comportements à risque (Benner &amp; al, 2018)</p></li><li><p>sentiment d’impuissance et <span style="font-family: brother-bold;">charge mentale élevée</span> pour déterminer l’aspect raciste ou non d’un incident (Sue &amp; al. 2008)</p></li><li><p>un <span style="font-family: brother-bold;">stress chronique</span> (Thoits, 2010 dans Thames &amp; al., 2019).</p></li></ul><div><p>Plus récemment, en France, une étude qualitative met en évidence l’impact négatif des micro-agressions, les participantes rapportent une “fragilisation allant jusqu’à la dépression” (d’Almeida, 2022). </p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">Le traumatisme racial </span></p></div><div><p>Le traumatisme racial, tel que défini par Robert T. Carter et ses collaborateurs, est le fruit d’un travail visant à documenter et à valider les effets potentiellement traumatiques du racisme. Psychologue clinicien et consultant légal pour des affaires de racisme, Carter cherchait à fournir des preuves solides permettant de défendre des victimes de discrimination devant le tribunal, en démontrant que le stress lié à la race pouvait constituer un traumatisme légitime. </p></div><div><p>L’ouvrage Measuring the effects of racism (Carter &amp; Pieterse, 2020) a permis de <span style="font-family: brother-bold;">différencier le traumatisme racial du trouble de stress post-traumatique</span> (TSPT, DSM-5). La description du DSM-5 ne correspond pas aux expériences ou aux réactions des personnes qui vivent un stress lié à la race. En effet, “Une expérience de racisme implique un choc émotionnel soudain qui provoque de l&rsquo;anxiété, souvent (mais pas toujours) liée à des expériences antérieures de discrimination raciale. Deuxièmement, l&rsquo;évitement, l&rsquo;aversion ou l&rsquo;hostilité raciale peuvent être communiqués indirectement par des symboles, des langages codés ou des actions. Cela distingue l&rsquo;expérience raciale d&rsquo;autres facteurs de stress pouvant causer un traumatisme, et le fait que l&rsquo;insulte raciale puisse être transmise par divers mécanismes multiples la rend unique.” (Carter &amp; Pieterse, 2020).</p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">Approche psycho-corporelle </span></p></div><div><p>Un regard psycho-corporel se veut primordial dans cette réflexion, puisque <span style="font-family: brother-bold;">le racisme est avant tout le fruit d’un jugement porté sur des origines perçues, donc sur le corps d’une personne</span>. Quand les mots manquent, des techniques comme la <span style="font-family: brother-bold;">cartographie corporelle</span> (body mapping, Barnes &amp; al., 2024) permettent de lier les “expériences de dehors” avec “ce qui se passe à l’intérieur de son corps”. Plus que des conséquences sur la santé mentale, des études démontrent le lien entre l’expérience du racisme et un <span style="font-family: brother-bold;">vieillissement prématuré</span> (Liu and Kawachi, 2017). De récentes études en génomique sociale affirment que les discriminations raciales sont inscrites dans la <span style="font-family: brother-bold;">transcription génétique</span> “Plusieurs études ont identifié un schéma commun d&rsquo;altérations transcriptionnelles qui est activé par une activation chronique de faible intensité du système nerveux sympathique (SNS) lors d&rsquo;expériences de désavantage socio-économique, de rejet social ou de menace.” (Thames &amp; al., 2019). </p></div><div><p>L’exposition répétée au racisme, qu’il soit direct ou indirect, active le <span style="font-family: brother-bold;">système nerveux sympathique</span>, responsable de la réaction de survie « lutte, fuite ou figement » face à une menace. Cette activation déclenche une libération d’adrénaline et de noradrénaline, accélérant le rythme cardiaque, la respiration et la tension musculaire. Si ces réponses sont adaptatives à court terme, leur répétition chronique, comme c’est le cas chez les personnes racisées, maintient l’organisme dans un état d’alerte prolongé. Cette hyperactivation du système sympathique perturbe la régulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et favorise la <span style="font-family: brother-bold;">sécrétion continue de cortisol</span>, menant à un déséquilibre du système immunitaire et à une inflammation chronique. Cette vigilance constante se traduit par une altération des marqueurs biologiques du stress, une fatigue physiologique et un risque accru de maladies cardiovasculaires, métaboliques et auto-immunes. En parallèle du système nerveux sympathique, le système nerveux parasympathique joue un rôle essentiel dans la régulation et la récupération après une activation de stress. Il agit comme un frein, permettant au corps de ralentir, de retrouver un rythme cardiaque stable, et de restaurer les fonctions digestives et immunitaires. Or, face au racisme — qu’il s’agisse d’expériences directes, de micro-agressions ou de la simple anticipation d’un traitement discriminatoire — cette régulation devient compromise. Le corps, constamment en vigilance, peine à réactiver le parasympathique, et reste bloqué dans <span style="font-family: brother-bold;">une alerte physiologique de basse intensité</span>. Ce déséquilibre entre activation (sympathique) et apaisement (parasympathique) contribue à une hypervigilance corporelle, une tension musculaire chronique, des troubles du sommeil et une fatigue nerveuse. À long terme, cette dérégulation du système nerveux autonome empêche la restauration du calme intérieur, maintenant le corps dans un état de stress racial incarné, tel que l’a décrit Resmaa Menakem (2017) dans son approche du « trauma racial logé dans le corps ».</p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">L’espace thérapeutique </span></p></div><div><p>Comme mentionné plus tôt, <span style="font-family: brother-bold;">l’espace thérapeutique n’est pas neutre</span>. Il est en réalité une énième scène mettant en jeu les inégalités sociales de notre époque. Malheureusement, certaines personnes racisées découvrent cette triste réalité quand elles vont consulter, alors qu’elles sont déjà vulnérables. Leurs vécus peuvent être minimisés, mis de côté: “On voit ce qu’on veut voir”, “Oui mais il ne faut pas s’appesantir, ressasser les choses négatives” (d’Almeida, 2022). </p></div><div><p>Ces expériences négatives en thérapie amènent à la création de listes de thérapeutes “safe, situé.e.s” ou avec une “approche décoloniale”. Ces regroupements basés sur le volontariat ou les recommandations, rendent la consultation de nouveau accessible et sécure pour une partie de la population. Cependant, cela n’empêche pas les dérives et la commercialisation de cette approche tant recherchée. De manière très personnelle, je me permettrai de dire que si l’on attend de n’importe quel.le psychologue de pouvoir accueillir une personne en dépression, on devrait en attendre tout autant concernant le racisme. Et pour cela, il est nécessaire de former, dès la fac, les psychothérapeutes en devenir. </p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">La place de la formation </span></p></div><div><p><span style="font-family: brother-bold;">L&rsquo;institutionnalisation de la lutte contre les discriminations devra passer par la formation</span>. Des formations privées existent, nous pouvons citer celle de l’experte en racisme, Racky Ka-Sy. Cependant, une seule personne ne peut former les 3 500 psychologues diplômé.e.s chaque année, car le racisme ne relève pas seulement d’attitudes individuelles ou de préjugés isolés. Il s’inscrit dans des dynamiques de groupe et de compétition pour des ressources symboliques et matérielles, telles que décrites par la théorie du conflit réel (Sherif, 1954). Cette théorie montre que les tensions intergroupes émergent naturellement lorsqu’il existe une perception de compétition entre groupes, entraînant hostilité, stéréotypes et discrimination. Appliquée aux contextes contemporains, elle met en lumière comment les structures sociales racialisées nourrissent des formes chroniques de stress et d’exclusion, avec des conséquences directes sur la santé mentale.</p></div><div><p>Dès lors, institutionnaliser la formation sur le racisme et la santé mentale dans les cursus de psychologie relève d’une exigence scientifique et éthique. Sans compréhension des rapports sociaux et de leurs effets corporels et psychiques, le risque est de pathologiser des réactions à un système d’oppression plutôt que de les reconnaître comme des <span style="font-family: brother-bold;">réponses adaptatives à une violence systémique</span>. Former les futurs psychologues à ces enjeux permettrait non seulement de mieux accompagner les personnes issues de minorités racisées, mais aussi de repenser la pratique clinique à la lumière de la psychologie sociale.</p></div><div><p>Actuellement, et à ma connaissance, seuls les masters de psychologie sociale et les cours de psychologie sociale en licence apportent une lecture contextuelle des événements. Souvent, ces cours ne sont pas concrètement en lien avec des cas cliniques, ce qui rend difficile leur application en thérapie. C’est le travail que je m’applique à faire pour les licences de psychologie du campus bordelais de l&rsquo;Institut Catholique de Toulouse, dans le but d’éveiller les esprits critiques et informés des apprenant.e.s. La psychologie sociale constitue une véritable mine d’or pour comprendre les liens entre racisme et santé mentale, grâce à ses nombreuses théories qui permettent d’analyser comment les dynamiques intergroupes, les stéréotypes et les biais cognitifs influencent les expériences subjectives et corporelles des individus.</p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">La psychologie sociale comme pilier </span></p></div><div><p>La théorie de la menace du stéréotype (Steele &amp; Aronson, 1995) montre par exemple que le simple fait d’appartenir à un groupe stigmatisé peut générer une anxiété de performance et une hypervigilance, consommant des ressources cognitives et émotionnelles à long terme. La théorie de la catégorisation sociale (Tajfel &amp; Turner, 1979) explique quant à elle comment le besoin d’appartenance conduit à diviser le monde en groupes « nous » et « eux », processus à la base des préjugés et de la déshumanisation. Les recherches sur les biais implicites (Greenwald &amp; Banaji, 1995) montrent que même en l’absence d’intention discriminatoire consciente, des mécanismes automatiques peuvent maintenir des inégalités dans les interactions quotidiennes, y compris dans le champ de la santé mentale. Enfin, des outils comme le<span style="font-family: brother-bold;"> test IAT</span> (Implicit Association Test), est conçu pour mesurer la force des associations automatiques entre des concepts (par exemple, “Noir” et “négatif”, “Blanc” et “positif”).  Ce test a révélé que des préjugés raciaux implicites sont présents chez une majorité d’individus, y compris chez ceux qui se déclarent non racistes. Ces biais, souvent inconscients, influencent les comportements, les décisions et les interactions cliniques, contribuant à des inégalités de traitement dans les soins psychologiques et médicaux (FitzGerald &amp; Hurst, 2017). L’<span style="text-decoration: underline;"><a href="https://implicit.harvard.edu/implicit/takeatest.html">IAT</a> </span>est en libre accès sur le site de l’Université de Harvard, permettant ainsi de <span style="font-family: brother-bold;">mesurer ses propres biais implicites</span>. Cela constitue la première des quatre étapes nécessaires à la réduction des préjugés, selon Devine et al. (2012), qui décrivent ce processus comme un travail actif et continu d’autoréflexion, de vigilance et de réapprentissage. </p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">Mesurer pour mieux appréhender </span></p></div><div><p>Pour répondre à ce besoin de formation, il est nécessaire d’évaluer et mesurer les réalités de la population racisée en France. Pour cela, de nombreuses échelle existent aux États-Unis (d’Almeida, 2022): </p></div><ul><li><p>the General Experiences of Discrimination Scale (GED ; Landrine &amp; al., 2006) : l’échelle générale des expériences de discrimination</p></li><li><p>the Major Racist Event Scale (MRE; Williams &amp; al., 1997) : l’échelle des événements racistes majeurs</p></li><li><p>the Racism and Life Experience Scale (RaLES; Harrell, 2000) : l’échelle du racisme et l’expérience de vie </p></li><li><p>the Race-Related Events Scale (Waelde &amp; al., 2010) : l’échelle des événements liés à la race </p></li><li><p>the Perceived Racism Scale (PRS; McNeilly &amp; al., 1996) : l’échelle du racisme perçu</p></li><li><p>the Index of Race-Related Stress (IRRS ; Utsy &amp; Ponterotto, 1996) : l’indice de stress lié à la race </p></li><li><p>the Schedule of Racist Events (SRE ; Landrine &amp; Klonoff, 1996) : l’agenda des événements racistes </p></li><li><p>the Race-Based Traumatic Stress Symptom Scale (RBTSSS; Carter &amp; al., 2013) : l’échelle du symptôme de stress traumatique lié à la race </p></li></ul><div><p>Ainsi, il est nécessaire d’envisager une traduction ou une adaptation de ces échelles au contexte français. Pour cela,<span style="font-family: brother-bold;"> un travail d’investigation sur le rapport à l’identité des personnes racisées en France</span>, à leurs groupes sociaux, à leur parcours migratoire est essentiel pour capturer la complexité de notre population et leur proposer le soin le plus adapté possible. </p></div><div><p>“Le clinicien ne peut ignorer que l’histoire de vie d’un sujet est enchâssé dans une histoire qui précède et englobe le sujet. Il ne peut davantage ignorer que lui-même appartient à une société dont il est l’héritier et l’acteur” (Chaussoy, 2022, page 10)</p></div><div><p><span style="font-family: brother-italic; color: #6dbd8e;">Approche thérapeutique </span></p></div><div><p>En parlant de soin, voici quelques points qui semblent ressortir des études, retour de patient.e.s et des échanges avec d’autres psychologues. Avant toute approche ou thérapie particulière, la première étape est de simplement <span style="font-family: brother-bold;">écouter et valider les ressentis de la personne</span>. Dans les travaux de cartographie corporelles, les enfants rapportent: “j&rsquo;aimais que tu nous croies toujours et que tu ne disais pas non, non, ça ne s&rsquo;est pas passé comme ça.” (Barnes &amp; al., 2024). Comme nous l’avons vu précédemment, le racisme est un stress chronique, qui engendre une activation continue du système nerveux sympathique et une hypervigilance. Un cadre doux et bienveillant permettra de rassurer la personne qui vient consulter. Dans un second temps, il est nécessaire de s’éduquer, de s&rsquo;informer. Ce n’est pas à votre patient.e de vous apprendre les dynamiques d’oppression systémique. Il ne s’agit pas de connaître les détails liés à sa culture qui vous seront inconnus, et c’est normal. En revanche, une bonne compréhension de notre société colonialiste est essentielle, ainsi que de l’actualité et de ce qu’elle engendre. De nombreuses ressources sont disponibles à ce sujet, une partie est listée dans la <a href="https://isidiscri.com/discritheque">Discrithèque</a> (lien dans la sitographie). </p></div><div><p>Voici quelques propositions thérapeutique pour engager le système parasympathique: </p></div><ul><li><p>création d’un lieu sûr</p></li><li><p>techniques de relaxation : cohérence cardiaque, méditation, Jacobson</p></li><li><p>techniques d’ancrage : 5 sens, se situer dans le présent, sentir ses pieds dans le sol</p></li><li><p>techniques dans le corps : scan corporel, visualiser la gêne dans le corps qui diminue, brain gym (mouvements avec membres opposés)</p></li><li><p>modèles thérapeutiques telles que l’EMDR ou les TCC par exemple</p></li></ul><div><p><span style="font-family: brother-bold; color: #6dbd8e;">Conclusion </span></p></div><div><p>Pour conclure, le racisme n’est pas une expérience isolée, il fait partie intégrante de la vie de millions de Français.e.s. Définies comme un stress chronique, les expériences racistes finissent par inhiber l’activation du système parasympathique et sur-stimuler le système sympathique, entraînant une inflammation continue et de l’hypervigilance. Les conséquences du racisme sur la santé mentale sont nombreuses et nous ne les citerons pas à nouveau ici, en revanche leur existence témoigne de l’<span style="font-family: brother-bold;">urgence de leur prise en charge au sein des espaces thérapeutiques</span>. Pour cela, une étude rigoureuse est nécessaire afin de déterminer les liens entre les personnes racisées de France et leur identité. Ceci permettra par la suite de mettre en place une <span style="font-family: brother-bold;">institutionnalisation des formations</span> sur le racisme, pour une prise en charge ancrée dans le contexte psychosocial de notre pays. </p></div></div></div><div> </div><div> </div>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://isidiscri.com/traumatisme-racial">Le traumatisme racial : vers une prise en charge psycho-corporelle en France </a> est apparu en premier sur <a href="https://isidiscri.com">isidiscri</a>.</p>
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		<title>Quand le « non » d&#8217;une femme vaut moins que le « non » imaginé d&#8217;un homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[isidis_Admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 14:55:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles de Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et c’est là que la réflexion qui a inspiré le titre de ce post débute. Je me sens à ce moment là, comme un objet, à posséder, à conquérir. Car mon “non” n’avait aucun poids, jusqu’a ce qu’il devienne le nom de mon copain dans ses oreilles. Puisqu’un objet ne pense pas, c’est seulement la présence imaginée d’un autre homme qui rend la mission impossible. La présence imaginée d’un homme a plus de poids que la présence réelle d’une femme, pour lui. </p>
<p>L’article <a href="https://isidiscri.com/quand-le-refus-dune-femme-vaut-moins-que-la-presence-imaginee-dun-homme">Quand le « non » d&rsquo;une femme vaut moins que le « non » imaginé d&rsquo;un homme</a> est apparu en premier sur <a href="https://isidiscri.com">isidiscri</a>.</p>
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					<h3 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Quand le "non" d'une femme vaut moins que le "non" imaginé d'un homme
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  <p style="color:#6dbd8e; font-size: 1.2rem; font-weight: bold; margin-bottom: 1.2rem;">
    Écouter l’article en version audio :
  </p>
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									<p>Les femmes sont des objets à conquérir, à posséder. C’est la réflexion que je me suis faite, lundi dernier.</p><p><!-- notionvc: d3e13db7-95dc-4da4-83e1-6e816c4b1e34 --></p>								</div>
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									<h3><span style="font-size: 14pt; color: #65c295; font-family: trajan-bold;"><b>L&rsquo;ANECDOTE</b></span></h3><p>Enfin tout au long de ma vie, mais tout particulièrement lundi dernier.</p><p>J’étais paisiblement installée à la plage, lorsqu’un homme vient m’aborder. Je suis déconcertée et j’ai un peu peur, car je suis seule lors de cette virée à l’océan. Mais, une part de moi rationalise et se dit que j’ai déjà (rarement) été abordée respectueusement dans ma vie, alors pourquoi pas.</p><p>Je me dis aussi naïvement, qu’il ne s’agit peut-être pas de drague. N’est-ce d’ailleurs pas déstabilisant de vouloir échapper à de la drague quand on ne sait pas encore si cela en est ? Au risque de paraître trop sûre de soi ? Simultanément à l’écriture de ces lignes, je me dis que peu importe si l’on peut avoir l’air imbu de sa personne, si cela permet de conserver sa tranquillité.</p><p>Je finis donc par comprendre que dans ce cas là, il s’agit bien d’une tentative de <em>drague</em>. Je me ferme, ne retourne pas les questions, et lorsqu’il me demande s’il peut s’asseoir avec moi, je refuse. Choqué, il me demande alors s’il peut me contacter plus tard, ce que je refuse à nouveau. Puis il me demande “Pourquoi ?”, et je réponds simplement que je ne suis pas intéressée. Ce à quoi il rétorque une analyse pseudo psychologique (je suis psy, mon pauvre), selon laquelle je serai trop intimidée par cette “rencontre” mais que devrais m’ouvrir à l’expérience (le consentement n’est définitivement pas acquis pour ce monsieur).</p><p>Arrive alors dans ma tête le dilemme habituel. Je déteste devoir dire que je suis en couple pour justifier mon refus lorsque l’on m’aborde. Car ce n’est pas “à cause” de cela que je refuse. Et lorsque j’étais célibataire, je n’ai pas plus donné mon <em>snap</em> dans la rue d’ailleurs. Je refuse car je ne suis pas intéressée, entre d’autres raisons car j’ai un conjoint.</p><p>Mais je sens bien que, encore une fois, je suis obligée de sortir cette carte magique et amer, pour me libérer de cette pression. Ce à quoi il répond, “il fallait commencer par là, je comprends maintenant !”. Plus tard, sous la douche, en train de me refaire la scène, j’ai envie de rétorquer “Mais qu’est-ce que tu comprends, au juste ? Qu’il n’y a aucune autre raison qui justifie mon désintérêt que ma relation ?”.</p><p>Et c’est là que la réflexion qui a inspiré le titre de ce post débute. Je me sens à ce moment là, comme un objet, à posséder, à conquérir. Car mon “non” n’avait aucun poids, jusqu’a ce qu’il devienne le nom de mon copain dans ses oreilles. Puisqu’un objet ne pense pas, c’est seulement la présence imaginée d’un autre homme qui rend la mission impossible. La parole imaginée d’un homme a plus de poids que la parole réelle d’une femme, pour lui, et pour tant d&rsquo;autres. </p><p>Cette histoire, ce n’est pas que la mienne, c’est l’histoire de statistiquement presque toutes les femmes. Je m’en doutais, je ne suis pas si spéciale, et c’est d’ailleurs pour cela que je l’ai vu aborder une autre personne dix minutes plus tard.</p><p>J’aimerais aborder aujourd’hui les conséquences que cela peut avoir sur le corps et l’esprit d’une femme. Car c’est ce dont on parle ici, chez Isidicri.</p><p> </p><h3><span style="font-size: 14pt; color: #65c295; font-family: trajan-bold;"><b>CE QUE DIT LA PSYCHOLOGIE SOCIALE </b></span></h3><p>Pour commencer, et comme je l’ai décrit en début de texte, ce genre d’expérience peut être source de stress: “Le stress est une réaction physiologique de notre corps lorsqu’il se trouve dans une situation où il n’a pas le contrôle, ou une situation de danger (…), nous ressentons de l’insécurité” (Aurélie Croiset, Dr en psychologie). Dans ce type de situation, le corps est en alerte, et l’esprit peut se figer. Et des hormones se libèrent, pour essayer de rétablir l’équilibre. Or, lorsqu’il y a une libération trop fréquente de cortisol, des conséquences telles que prise de poids, hypertension, ostéoporose, etc. Et cela impacte aussi la santé mentale en altérant la mémoire et en augmentant le risque de troubles anxieux ou dépressifs (<a href="http://institutducerveau.org">institutducerveau.org</a>).</p><p>Ce type d’événement peut être source de stress chronique, car c’est quelque chose de répété dans le temps, presque quotidien pour certaines personnes.</p><p>Et ces expériences répétées vont influencer la manière de s’approprier et de vivre les espaces. C’est ce qu’explore la psychologie sociale de l’environnement, qui étudie les interactions entre l’individu et son environnement physique dans ses dimensions spatiales et temporelles (Moser, 2003) et qui permet une lecture très intéressante de ce que certain.e.s appellent de la drague, quand d’autres l’appellent du harcèlement de rue:</p><ul><li>L’espace personnel (Robert Sommer, 1969) est une bulle que l’on a autour de soi, qui ne se limite pas à la surface de la peau. Cette bulle permet de réguler l’intimité, de se défendre, de se protéger et de réguler la communication. Un individu cherche constamment à garder le contrôle de son espace personnel, car lorsqu’il est brisé, des comportements compensatoires se mettent en place: se recroqueviller, changer de trottoir, détourner le regard, hypervigilence, diminution des capacités cognitives, etc.</li><li>Le behavior setting (ou lieu comportemental) (Barker, 1968), désigne des sortes d’attitudes associés à un lieu. Par exemple, le fait de chuchoter dans une bibliothèque. Ces scripts à adopter évoluent avec les lieux et les personnes. Si je reprends la situation de la plage, je peux éviter à l’avenir d’y aller seule ou bien me mettre près d’une famille, pour éviter qu’une situation similaire se reproduise. Et c’est pour cela que je parle aujourd&rsquo;hui de psychologie environnementale, car ces interactions peuvent sembler anodines et pourtant, affecter le comportement d’une personne et puis d’un groupe social.</li><li>Les chemins mentaux (Kevin Lynch, 1960), structurent la carte imaginée d’un endroit, que l’on se fait à partir de notre vécu, ou d’histoires entendues. Les femmes (ou autre minorité) sélectionnent souvent certains chemins ou les modifient (éviter les parcs la nuit, préférer les rues commerçantes), et évitent certains endroits (gares, tunnels, arrêts isolés) par anticipation du danger ou à cause d’expériences négatives passées. </li></ul><p><b style="color: #65c295; font-family: trajan-bold; font-size: 14pt;">CONCLUSION</b></p><p>Que dire pour conclure, sinon que la santé mentale est profondément politique, au risque de me répéter. Car tout le système de fonctionnement dans l’espace public et dans son espace intérieur peut être influencé par des micro-agressions quotidiennes. Ce qui peut également installer un sentiment d’impuissance, face à ce que l’on aurait pu, <em>dû,</em> faire ou répondre. Ou une sensation décalage, entre la personne féministe et badass que l’on pensait incarner, jusqu’au jour où un ‘T’as snap ?“, suivi d’un figement fait tout voler en éclat.</p><p>Mais je refuse de conclure cette réflexion par une note négative. Car nos vies se se résument pas un ou plusieurs moments. Même s’il peut arriver de changer de chemin pour rentrer, il peut aussi arriver pour une autre d’y marcher fièrement. Car c’est ensembles, dans le lien, que nous sommes plus fort.e.s, que nos corps se réparent.</p><p>Car être une féministe badass, c’est aussi partager le ménage, conduire quand son conjoint est dans la voiture (et pas parce qu’il a bu !!), soutenir les autres femmes et minorités de genre… la liste est bien sûr infinie, je vous laisse la compléter en commentaire !</p><p><!-- notionvc: 8c58114d-fc11-490f-8778-b7de7173c6a6 --></p>								</div>
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		<title>La thérapie est-elle un espace politique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[isidis_Admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 17:05:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles de Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La thérapie est-elle un espace politique ? Écouter l’article en version audio : Ton navigateur ne permet pas la lecture audio. “Je suis là pour vous écouter, sans jugement.” C’est souvent ce que l&#8217;on peut entendre en début de thérapie. Et pourtant… Peut-on vraiment être “neutre” dans notre monde actuel ? Est-ce même souhaitable ? [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://isidiscri.com/la-therapie-est-elle-un-espace-politique">La thérapie est-elle un espace politique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://isidiscri.com">isidiscri</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1105" class="elementor elementor-1105">
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					<h3 class="elementor-heading-title elementor-size-default">La thérapie est-elle un espace politique ? 
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  <p style="color:#6dbd8e; font-size: 1.2rem; font-weight: bold; margin-bottom: 1.2rem;">
    Écouter l’article en version audio :
  </p>
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									<p><span style="font-size: 12pt;"><i><span style="font-weight: 400;">“Je suis là pour vous écouter, sans jugement.”</span></i></span></p><p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">C’est souvent ce que l&rsquo;on peut entendre en début de thérapie. Et pourtant… Peut-on vraiment être “neutre” dans notre monde actuel ? Est-ce même souhaitable ?</span></p><p><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-weight: 400;">La thérapie est souvent présenté comme une bulle protégée, un lieu hors du temps. </span><span style="font-weight: 400;">Mais, je crois que c’est l’inverse, que </span><b><span style="font-family: brother-bold;">la thérapie est actrice de la scène sociale</span>. </b></span></p><p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Elle est intime, oui. Mais elle est aussi profondément politique: </span></p><p><em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-weight: 400;">« Le</span><span style="font-weight: 400;"> politique: l’ensemble des régulations qui assurent l’unité et la pérennité d’un espace social hétérogène conflictuel » (Braud, 2019)</span></span></em></p><p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt; font-family: brother-bold;">Alors, qui de mieux placé que les espaces de soins de santé mentale pour “réguler” l’espace social ?</span></p>								</div>
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															<img decoding="async" src="https://isidiscri.com/wp-content/uploads/2025/04/7ccbfc4c-5fe2-4037-a136-7b7b6ddddb30.jpg" title="La thérapie est-elle un espace politique ?" alt="La thérapie est-elle un espace politique ?" loading="lazy" />															</div>
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									<p></p>
<h3><span style="font-size: 14pt; color: #65c295; font-family: trajan-bold;"><b>QUAND LE POLITIQUE ENTRE DANS LE CABINET</b></span></h3>
<p><span style="font-family: brother-1816;"><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">On n’entre jamais seul·e dans une salle de thérapie. On y entre avec son histoire, ses héritages culturels, ses appartenances groupales, ses représentations du monde et des autres. Mais surtout, on passe la porte avec son corps. Et ce corps, il est situé sur le curseur social. C&rsquo;est à dire qu&rsquo;il est l&rsquo;objet de représentations, de stéréotypes, de préjugés, de discriminations. </span><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Et c’est d’ailleurs tout l’objet d’étude de la psychologie sociale ; l’influence de la présence d’autrui, réelle ou supposée, sur nos comportements, pensées et émotions. De ce qui est à l’extérieur, et qui façonne pourtant l’intérieur. </span></span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt; font-family: brother-1816;">L&rsquo;espace thérapeutique, c&rsquo;est le résultat de la relation entre thérapeute et patient.e. Ce qui nous donne l&rsquo;équation suivante <em>(oui je rentabilise mon bac S spécialité maths) </em>: </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt; font-family: brother-1816;">thérapeute + patient.e = espace thérapeutique</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt; font-family: brother-1816;">Chaque partie de cette somme, est constituée d&rsquo;expériences sociales, qui se mêlent l&rsquo;une a l&rsquo;autre lors d&rsquo;une séance de thérapie. Chaque partie de cette somme apporte avec elle une partie du monde extérieur, en dehors du cabinet. <span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">L&rsquo;espace thérapeutique remet aussi en jeu ces dynamiques là, car l&rsquo;espace thérapeutique est constitué d&rsquo;humains, d&rsquo;être sociaux.&nbsp;</span></span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt; font-family: brother-1816;">En consultation, nous n’arrivons pas vierge de tout contexte. Nous arrivons, par exemple, avec la fatigue de devoir se justifier, avec les injonctions à se calmer, à être “plus adapté.e”, “moins sensible”, “plus souriant·e”.&nbsp; Nous arrivons, parfois, après des années à se demander si ce qui est vécu est vraiment “grave” ou si c&rsquo;est exagéré. Toutes ces micro-agressions répétées, sont des oppressions systémiques, qui impactent la santé mentale. Ce n’est pas “juste” personnel. Et, la personne dans le siège de thérapeute appartient aussi à ce système, et fait partie de ces dynamiques d’oppressions, d’un côté ou de l’autre. </span></p>
<h3><span style="font-size: 14pt; color: #65c295;"><b>QUAND ON NE NOMME PAS LES SYSTEMES, ON LES REPRODUIT</b></span></h3>
<h3><span style="font-size: 12pt; color: #009597;"><span style="font-weight: 400;">Une tendance générale du gouvernement français est au <em>colorblindness</em>, ou daltonisme racial. Ces termes désignent le fait de se proclamer comme étant indifférent.e aux caractéristiques et aux traits raciaux d&rsquo;une personne. Cette promesse peut sembler très belle au premier abord, car elle promeut un monde où les discriminations n&rsquo;existeraient pas. Seulement, une fois les paillettes retombées, cette attitude relève plutôt d&rsquo;une invisibilisation des discriminations et oppressions existantes. </span></span></h3>
<h3 style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: 12pt; color: #009597;">On ne peut pas reconnaître quelque chose dont on ne parle pas.&nbsp;</span></strong></h3>
<h3><span style="font-size: 12pt; color: #009597;"><span style="font-weight: 400;">La même affirmation s&rsquo;applique en thérapie. Quand on ne nomme pas les systèmes d&rsquo;oppressions à l&rsquo;oeuvre, on les cautionne, on les reproduit. </span></span></h3>
<h3><span style="font-size: 12pt; color: #009597;"><span style="font-weight: 400;">Ainsi, l&rsquo;espace thérapeutique peut</span></span><span style="font-size: 12pt; color: #009597;"><span style="font-weight: 400;">&nbsp;devenir violent quand il </span><b>invalide les réalités</b><span style="font-weight: 400;">. Quand il refuse de voir quand il pathologise des conséquences d&rsquo;oppressions systémiques. Car ceci sous-tend que le problème est intrapsychique. Ne pas nommer les oppressions dans un cabinet, ce n&rsquo;est pas être neutre. C&rsquo;est prendre en fait le parti du monde tel qu&rsquo;il est. C&rsquo;est-à-dire un monde qui maltraite certains corps et en privilégie d&rsquo;autres.&nbsp;</span></span></h3>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Par exemple, une personne qui vit dans un monde où son identité est minoritaire, peut développer des stratégies d’adaptations, comme l’hypervigilance, l’anxiété, la fatigue, la colère, le retrait. Ce ne sont pas des troubles à guérir, ce sont des signaux de survie. Le rôle de la thérapie, ce n’est pas de les effacer, mais de les reconnaître, de les comprendre, puis de permettre à la personne de choisir, en conscience, ce qu’elle veut en faire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Dire “je ne fais pas de politique en thérapie”, c’est un privilège. Celui de pouvoir ignorer le poids du racisme, du genre, de la classe sociale, du handicap, &#8230; Lorsque l’on ne prend pas en compte le contexte, on finit par rendre la personne responsable de sa souffrance. Souvent, en utilisant des stéréotypes ou des préjugés, et donc on discrimine, on reproduit.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Et ça, ce n’est pas neutre. C’est choisir de détourner les yeux.</span></p>
<p><span style="font-size: 14pt; color: #65c295;"><b>SOULAGER SANS EFFACER</b></span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Moi, je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas recevoir une personne racisée, queer, migrante, épuisée par ses luttes, et faire comme si on était “hors contexte”. Je ne peux pas ignorer le système qui l’abîme.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt;"><b>Je choisis une thérapie qui nomme. Une thérapie qui situe. Une thérapie qui politise.</b></span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">C’est une posture de soin. Car pour se réparer, il faut d’abord être reconnu·e. Pour se remettre en mouvement, il faut réaliser que son immobilité n&rsquo;est pas une question de volonté. Pour déposer sa honte, il faut comprendre qu’elle n’est pas née en soi, mais dans un regard extérieur.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Une thérapie politique ? C&rsquo;est simplement une thérapie qui reconnaît le monde dans lequel on vit, son fonctionnement et les enjeux, les pressions que cela applique à la personne que l&rsquo;on reçoit.&nbsp;</span><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">C’est un espace où l’on peut dire:</span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">“Oui, votre corps a appris à se protéger, et il a bien fait”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">C’est une thérapie qui ne pathologise pas l’oppression, mais qui fait de l’espace pour les vécus, sans les réduire à ça non plus. Parce que l’on ne se résume pas à ses blessures. Mais pour les guérir, il faut d’abord pouvoir les nommer. Une première étape pour cela, peut être mon<span style="text-decoration: underline;"><a href="https://isidiscri.com/boutique"> guide des micro-agressions</a></span>, pour apprendre, comprendre, reconnaître. Que l&rsquo;on soit patient.e ou thérapeute, ou curieux.se !</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt;"><b>La thérapie peut devenir cet espace de sécurité où l&rsquo;on peut aborder :</b></span></p>
<ul>
<li><span style="font-size: 12pt; font-family: brother-1816;"><span style="font-weight: 400;">Le stress </span><b>et</b><span style="font-weight: 400;"> le racisme,</span></span></li>
<li><span style="font-family: brother-1816; font-size: 12pt;">L&rsquo;anxiété <b>et</b><span style="font-weight: 400;"> l&rsquo;héritage cutlurel,</span></span></li>
<li><span style="font-family: brother-1816; font-size: 12pt;">Le corps <b>et</b><span style="font-weight: 400;"> le système dans lequel il évolue.</span></span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Je crois que prendre soin de soi dans un monde qui abîme, c’est déjà politique. </span><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">C’est une façon de dire : “je mérite de respirer”, même si on m’a appris le contraire. Alors, oui, la thérapie est un espace politique.&nbsp; </span><span style="font-weight: 400; font-size: 12pt;">Et c’est une bonne chose. Parce que c’est là, dans cet espace situé, que peut commencer une vraie réparation, une reprise du pouvoir.&nbsp;</span></p>								</div>
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